Les nominés 2019

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Le jury du Prix Créateur d’Entreprise dans l’Artisanat 2019 vient de révéler l’identité des cinq créateurs ou repreneurs d’entreprises en compétition. Sont ainsi nominés Laura et Lionel Ferber (de Ferber Group SA), Pit Zens et Antoine Hron (Klin Sàrl), Christophe Miranda (M-Energy Sàrl), Nathalie Matiz, Eduardo Fuente et Nicholas Beraghi (Quattro Creative Sàrl) et Simon Tritz (BSI Cleaning SA).
Le nom du vainqueur, désigné parmi ces cinq finalistes, sera dévoilé le jeudi 7 mars 2019, lors d’une cérémonie de remise du Prix qui se déroulera au siège de la BGL BNP Paribas à Luxembourg-Kirchberg, 50, avenue J.F Kennedy, L-2951.

 

Et les nominés sont…

BSI Cleaning SA - Simon Tritz

BSI Cleaning SA - Simon Tritz

« Nous partons des besoins des clients pour créer du sur-mesure »

BSI Cleaning SA, c’est le bébé de Simon Tritz, un ingénieur français passé par ArcelorMittal et Ceratizit. En 2014, il a eu l’idée de créer une société proposant des solutions de « nettoyage 4.0 » pour l’industrie, utilisant la cryogénie, le plasma et le laser. Ses machines, conçues sur-mesure au départ des besoins des clients, rencontrent un succès international.

Simon Tritz est né avec une âme d’entrepreneur. Dès son plus jeune âge, il savait qu’il créerait sa propre entreprise. « À l’école, dès qu’on pouvait lancer des petits projets entrepreneuriaux, j’étais le premier à y adhérer, se souvient-il. Cela dit, fonder une véritable entreprise, cela ne s’improvise pas. Quand on est marié, qu’on a des enfants, c’est toute sa famille qu’on engage dans ce genre de projets. Il faut donc trouver la bonne idée, et avoir les bonnes compétences pour les mettre en place. » Les compétences nécessaires, ce citoyen français âgé de 38 ans qui travaille au Luxembourg depuis 2007 les possède sans conteste. Ingénieur de formation, il a d’abord travaillé trois ans chez ArcelorMittal, côté français, avant de passer la frontière et de rejoindre Ceratizit. « Mais le virus de l’entrepreneuriat ne m’a pas quitté et, dès 2008-2009, j’ai pensé à lancer une société de conseil en énergies renouvelables. J’étais plus jeune, moins expérimenté, et j’ai finalement laissé tomber le projet. La vraie bonne idée est arrivée un peu plus tard, dans le cadre d’un projet que je réalisais pour mon ancien employeur », poursuit Simon Tritz.

Lancer un business qui a du sens

Habitué du monde de l’industrie, Simon Tritz a en effet vécu l’éclosion de la « révolution 4.0 » dans ce secteur, avec l’arrivée de technologies dites prédictives, capables d’anticiper les besoins, les pannes éventuelles, les besoins en rénovation. « Par contre, j’ai constaté qu’on trouve toujours des équipes de nettoyage qui travaillent à la main, avec de l’eau, des chiffons… Je me suis dit : pourquoi ne pas étendre cette révolution 4.0 à tous les secteurs de l’industrie, y compris au nettoyage ? », explique Simon Tritz. Des technologies réellement innovantes existent en effet déjà sur le marché. Tout le défi pour le fondateur de Bsi CLEANING sera de choisir celles qui présentent les mêmes avantages : respectueuses de l’environnement, fonctionnant sans contact, automatisables. Le choix s’est finalement porté sur le laser, le plasma et la cryogénie. « Là on mon idée se démarque, c’est que nous partons des besoins du client pour lui fournir une solution technique sur-mesure, plus ou moins automatisée, développe Simon Tritz. Les autres fournisseurs présents sur le marché proposent des catalogues de machines existantes, utilisant une de ces technologies. Nous, nous créons quelque chose de nouveau, entièrement adapté aux contraintes du client. C’est comme si l’on construisait une voiture sur-mesure plutôt que d’acheter une voiture de série. Et comme on se passe de tous les éléments qui ne sont pas nécessaires, cela ne coûte pas forcément plus cher. » Le but ultime du jeune entrepreneur était de créer un produit qui ait du sens, qui facilite vraiment la vie des gens, tout en étant rentable, ergonomique et respectueux de l’environnement.

Aucun résidu secondaire

L’un des vrais atouts des technologies utilisées par BSI Cleaning SA est en effet leur bilan énergétique très favorable. Alors que du sable est utilisé – et perdu – dans une sableuse et que de l’eau et du savon seront également utilisés et évacués dans un lavage à l’eau, la cryogénie, le plasma et le laser ne laissent aucun résidu secondaire après le lavage. « Ceci dispense également nos clients de devoir retraiter ces résidus, ce qui est un avantage non négligeable », précise Simon Tritz. L’attrait pour cette formule est en tout cas réel, puisque BSI Cleaning SA a livré dernièrement ses machines à Dubaï, en Chine, au Mexique, ou encore au Portugal. En outre, une clientèle de particuliers s’intéresse également à ces outils. C’est principalement le cas pour des surfaces délicates, qui doivent être lavées en prenant en compte certaines contraintes : véhicules de collection, pièces moteur, escaliers, bateaux, etc.

En pleine phase de croissance

Après s’être lancé en 2014, tout en conservant son ancien métier, Simon Tritz a réellement commencé à mi-temps en 2016 avant de passer à temps plein en 2017. Aujourd’hui, quatre personnes travaillent au sein de BSI Cleaning SA, mais le nombre de salariés pourrait peut-être passer à neuf dans le courant de l’année 2019. En attendant, le fondateur de BSI Cleaning SA n’hésite pas à intégrer de nombreux stagiaires, qu’il s’agisse d’ingénieurs ou de spécialistes du marketing. « Nous avons eu quatre stagiaires ingénieurs et trois stagiaires en marketing l’an dernier, indique Simon Tritz. J’aime beaucoup transmettre, donner un peu de mon temps. Et, pour moi, un stagiaire n’est pas là pour rester cloîtré dans un bureau. C’est du win-win : je donne souvent des sortes de cours spécifiques sur certains aspects du métier et, en échange, ils travaillent sur des projets concrets. Je crois que, de cette manière, chacun y trouve son compte. »

 


Quattro Creative sàrl – Nathalie Matiz, Eduardo Fuente et Nicholas Beraghi

Quattro Creative sàrl – Nathalie Matiz, Eduardo Fuente et Nicholas Beraghi

« Nous voulions être en contact plus direct avec le client »

Nathalie Matiz, Eduardo Fuente et Nicholas Beraghi ont créé le studio de design Quattro Creative Sàrl il y a à peine trois ans, mais ils ont déjà réussi à décrocher de jolies collaborations, notamment avec la police grand-ducale. Leur volonté : exercer pleinement leur créativité, quel que soit le support, et pouvoir être en contact plus direct avec le client.

Quattro Creative Sàrl est installé en plein cœur de Luxembourg-Ville, sur le boulevard Grande-Duchesse Charlotte. Ce studio, spécialisé dans le design visuel, a fait grand bruit en remportant en 2017 un appel d’offres lancé par la police grand-ducale. L’objet de ce marché : refondre entièrement l’identité visuelle de la police et l’appliquer à tous ses véhicules et supports de communication. Le design de sa nouvelle application mobile a également été confié au studio Quattro Creative Sàrl. Si le choix de Quattro Creative Sàrla surpris, c’est parce que ce studio n’a été fondé qu’en 2015 par trois anciens collègues ! « Nous nous sommes effectivement rencontrés chez notre ancien employeur, explique Nathalie Matiz, l’un des trois partners du studio. Nous partagions les mêmes idées, la même vision mais étions un peu trop encadrés. Notre volonté, c’était d’avoir plus de liberté, de reprendre la main sur les projets, et d’être en prise plus directe avec le client. » 

Le moment ou jamais

Diplômés en design graphique, photojournalisme ou encore marketing et communication, les trois jeunes collègues ont eu le sentiment que le moment était venu de se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. « Avec 18 années d'expérience cumulée dans le secteur, nous avions tout ce qu’il fallait pour démarrer notre propre studio », indique Nicholas Beraghi, citoyen italien qui a suivi sa compagne au Luxembourg. Le plus grand défi dans cette nouvelle vie ? Gérer à trois des demandes qui doivent être réalisées rapidement, avec précision. « Il n’est pas rare que nous recevions des demandes le matin qui doivent être réalisées pour le soir même. Il est donc très important d’être réactif », poursuit Nicholas Beraghi.

To grow or not to grow ?

Forte de ses derniers succès et de collaborations avec des marques prestigieuses comme Ferrero, CHL, Hugo Boss, Alessi, Lavazza, OAI, Fondation Cancer, etc., le studio Quattro Creative Sàrl imagine-t-il un développement important au cours des prochaines années ? « Nous souhaitons plutôt rester une structure familiale, répond Nathalie Matiz. Evidemment, il est possible que nous engagions l’une ou l’autre personne, mais la taille du studio restera mesurée. Pour répondre aux demandes de clients qui dépassent notre spectre de compétences, nous faisons appel à des partenaires de confiance. » Les membres de Quattro Creative Sàrl apprécient toutefois l’idée d’accompagner un jeune qui sort de ses études et de le préparer à les rejoindre. « Comme beaucoup d’autres agences, nous recevons énormément de demandes de stages, explique Eduardo Fuente, le dernier membre du trio. Toutefois, nous trions consciencieusement ces demandes pour trouver la personne qui sera vraiment en phase avec nous, avec notre manière de travailler. Notre volonté est que le ou la stagiaire qui nous rejoigne puisse non seulement apprendre, mais également travailler directement sur des projets concrets. Ce sera bientôt le cas puisque nous avons trouvé un profil qui nous correspond parfaitement. L’objectif, à terme, est de l’intégrer à l’équipe. »

Ne pas limiter son champ d’action

Pour le reste, Quattro Creative Sàrl ne limite pas le champ d’action qu’elle pourra explorer dans le futur. « Notre spécialité, c’est le design. Mais c’est quelque chose de très flexible : nous pouvons travailler dans les différents domaines du monde de la communication, de la stratégie au branding print et digital, de l'infographie à la signalétique, du packaging au design de produits. Nous essayons d’offrir un service complet au client », détaille Eduardo Fuente. Le studio Quattro est toujours à la recherche de nouvelles idées et produits qu'elle pourrait développer et lancer sur le marché.

Enfin, si ce trio s’appelle Quattro, c’est parce que la quatrième pièce du puzzle est le client, qui fait partie intégrante du processus créatif. « C’est un peu ça la signification de notre slogan ‘ideas happen’. Chez Quattro Creative Sàrl, les idées surgissent et nous essayons d’en proposer constamment à nos clients, que ce soit une start-up ou un grand compte », conclut Nicholas Beraghi.

 


Ferber Group SA – Laura et Lionel Ferber

Ferber Group SA – Laura et Lionel Ferber

« Partager sa passion et transmettre l’expertise pour faire évoluer la profession »

En 2017, Ferber Group SA a développé la Hair’Cademy. Cette infrastructure de formation, indépendante et ouverte à tous, a l’ambition de contribuer au développement des compétences dans le domaine de la coiffure au Luxembourg, à la poursuite de l’excellence dans la pratique du métier de coiffeur.

« Chaque métier de l’artisanat se perpétue et se développe par la transmission et les évolutions que l’on y apporte », commente Jean-Marie Ferber. Le coiffeur, à la tête du groupe Ferber, résume de cette manière ce qui l’anime dans sa démarche. Il faut dire qu’au sein de la famille Ferber, la passion pour le métier de coiffeur se transmet de génération en génération. Jean-Marie Ferber a repris une entreprise familiale, initiée par sa grand-mère en 1928, et poursuivie par sa mère. Il l’a d’ailleurs considérablement développée en étant accompagné par son épouse Danielle. Aujourd’hui, le groupe Ferber compte 13 salons de coiffure (dont 3 intégrant un institut de beauté et 4 disposant d’une onglerie) ainsi que 4 barbershops. Depuis quelques années, deux membres de la quatrième génération, Laura et Lionel Ferber, sont actifs dans l’entreprise et prêts à reprendre le flambeau. « C’est en apprenant auprès de celles et ceux qui sont expérimentés et passionnés que l’on peut poursuivre l’excellence dans ce que l’on fait », assure Jean-Marie Ferber.

L’Hair’Cademy, pour favoriser la transmission du savoir

Le dernier projet du Ferber Group SA, lancé en 2017, n’a d’autre vocation que de faciliter la transmission du savoir et de la passion pour le monde de la coiffure, avec la volonté de faire évoluer le métier de coiffeur au Luxembourg. « Nous avons créé une nouvelle structure, un centre d’apprentissage baptisé Hair’Cademy, explique Laura Ferber. C’est un centre adapté pour l’apprentissage de nos métiers, la coiffure pour dames et pour hommes, les soins esthétiques du visage, des mains et des ongles, le lissage, les extensions, le maquillage, les chignons rapides… etc. » Si la structure permet de satisfaire les besoins du groupe familial, qui dispense plus de 4000 heures de formation à ses employés chaque année, elle se veut indépendante et ouverte à tous. « D’autres établissements de coiffure peuvent très bien en profiter. D’autre part, les grandes marques du marché de la coiffure l’utilisent pour dispenser des formations ou proposer des sessions d’apprentissage à des professionnels du secteur venant des quatre coins du pays et de la Grande Région », assure Laura Ferber.

Un vaste espace, modulable et adapté à la pratique du métier

Si Ferber Group SA a choisi d’investir dans cette nouvelle infrastructure, c’est avant tout pour son amour du métier, pour le valoriser, le faire avancer. « Il manquait effectivement des installations adaptées à l’organisation de formations avancées dans le domaine de la coiffure au Luxembourg. Quand les marques décidaient de venir y proposer des formations, celle-ci prenaient place le plus souvent dans les hôtels, qui sont des environnements peu fonctionnels », commente Jean-Marie Ferber. Désormais, elles peuvent profiter de l’Hair’Cademy, un vaste espace de 300m2 pouvant accueillir 99 personnes, entièrement équipé et dédié à la formation professionnelle. Chacun peut y organiser des formations théoriques et pratiques. « Les marques peuvent y entreposer leur matériel et leurs produits durablement. Sur place, des grands noms de la coiffure æde Paris ou encore de Londres peuvent venir partager leur expertise. La taille de la salle permet à une vingtaine de personnes de travailler simultanément sur des modèles en profitant des conseils du formateur », assure Lionel Ferber. Pour couronner le tout, le lieu dispose de son propre studio photo, permettant par exemple de réaliser plus facilement des shootings de collections de coiffure. « Récemment, nous avons collaboré avec l’ADEM. En proposant un relooking suivi d’un photo shooting, la volonté était de rebooster la confiance des demandeurs d’emploi », explique Laura Ferber.

En 2018, Hair’Cademy a accueilli 118 formations et événements. Quinze formations étaient organisées pour le groupe Ferber et 94 ont été proposées par différentes marques professionnelles. En outre, cinq shootings photo d’artistes coiffeurs y ont été réalisés. Le lieu a été le théâtre de quatre événements.

Contribuer à faire évoluer l’ensemble de la profession

Ferber Group SA a conçu sa structure comme un outil au service de l’ensemble de la profession. « D’abord, pour nous comme pour nos confrères, il y un enjeu économique. Il est en effet moins onéreux de faire venir un formateur pour une vingtaine de personnes au Luxembourg que d’envoyer un ou deux membres de son équipe à Paris ou à Londres, précise Jean-Marie Ferber, invitant les autres acteurs du secteur à profiter pleinement de ce nouvel outil. « Ensuite, il est essentiel de faire évoluer nos métiers, en intégrant les dernières tendances et les évolutions dans la pratique, mais aussi en apprenant à mieux répondre aux nouvelles attentes du client », poursuit Lionel Ferber. Au-delà de la technique de coupe ou de coloration, d’autres aspects, comme le diagnostic du client, l’accueil, la mise en confiance, le service et le conseil pourront être abordés. « Une récente étude a établi que 70% des clients qui se rendent pour la première fois chez un coiffeur ressentent de l’anxiété, poursuit Laura Ferber. L’enjeu, à travers la formation, est d’assurer un service à la hauteur de leurs attentes, pour, in fine, garantir la confiance et re-donner envie d’aller dans un salon. »

A la poursuite de l’excellence

Le groupe Ferber, à travers cette structure, prône la poursuite de l’excellence. En témoignent d’ailleurs les prestigieux prix de coiffure que les membres de l’équipe ont récemment remporté. « Pour avancer, il faut se spécialiser, avec la volonté d’aller de l’avant. La réussite dépend de la bonne combinaison de la pratique, du talent, de la volonté d’apprendre, de la motivation à se dépasser, explique Lionel Ferber. Quand Fabio, en deuxième année d’apprentissage chez nous, décroche les prestigieuses Victoires de la Coiffure à Paris, auxquelles prétendaient 10.000 autres candidats, on démontre que le Luxembourg peut aller de l’avant. C’est un bel exemple, qui peut inspirer de nombreux autres professionnels de la coiffure. »

 


Klin sàrl – Pit Zens & Antoine Hron

Klin sàrl – Pit Zens & Antoine Hron

« Apporter un vent de fraîcheur au cœur d’une industrie traditionnelle »

À 30 et 34 ans, Pit Zens et Antoine Hron ont développé à travers Klin Sàrl un service de blanchisserie plus digital et plus écologique. Les deux jeunes entrepreneurs, depuis les locaux du Technoport à Foetz, modernisent une activité traditionnelle, pour le plus grand bonheur de leurs clients mais aussi des membres enthousiastes de leur équipe.

A priori, rien ne destinait Pit Zens, 30 ans, et Antoine Hron, 34 ans, au monde du service à la personne et plus particulièrement à l’activité de nettoyeur à sec-blanchisseur. Et pourtant, les deux jeunes hommes sont aujourd’hui à la tête de Klin Sàrl, un service de pressing qui se distingue des nombreux autres acteurs du marché par son approche digitale et la volonté de minimiser autant que possible son empreinte environnementale.

Une approche digitale et green du pressing

Avec Klin Sàrl, il suffit au client de prendre rendez-vous en ligne. Un valet professionnel vient ensuite collecter le linge à laver directement à domicile ou sur le lieu de travail du client. Une fois la prestation effectuée, le linge propre et repassé est redéposé directement chez le client. « J’ai pu apprécier ce type de service lors d’un séjour à Londres, commente Pit Zens. Cette offre n’existant pas encore sur le marché luxembourgeois, j’ai pensé que cela pouvait être un créneau porteur. » Le jeune homme, à l’approche de la trentaine au moment de la création de la structure en 2017, cherchait à voler de ses propres ailes. « Après avoir travaillé dans l’hôtellerie et dans le domaine de la consultance, j’ai compris que je ne parviendrais pas à m’épanouir dans des structures rigides. J’ai voulu créer quelque chose par moi-même. »

Une heureuse rencontre

Ce que Pit ignorait à l’époque, c’est qu’un autre trentenaire, ailleurs sur le territoire grand-ducal, avait entamé une démarche similaire. Antoine Hron, après avoir passé plusieurs années à accompagner des start-ups dans le contexte de Luxinnovation, entendait mettre en pratique tout ce qu’il prônait auprès des autres entrepreneurs. « L’envie d’entreprendre est là depuis longtemps. Elle me démangeait déjà avant que je ne mette mes compétences au service d’autres créateurs d’entreprise, explique-t-il. En regardant ce qui se faisait ailleurs, en considérant comment certaines industries traditionnelles s’étaient transformées grâce à un meilleur usage de la technologie, je suis aussi arrivé à la conclusion qu’il y avait une opportunité à investir dans le domaine du pressing. »

Une alliance de compétences au service d’un projet innovant

Les deux jeunes hommes auraient pu développer une activité chacun de leur côté. Ce qui aurait été malheureux, conviennent-ils aujourd’hui. Mais c’était sans compter sur une connaissance commune qui, ayant été mise au parfum de leur projet respectif, les a encouragés à se mettre en relation. Cette heureuse rencontre a permis aux deux entrepreneurs de combiner leurs talents et de placer leurs idées novatrices au service d’un projet commun. « Au moment où je suis entré dans Klin Sàrl, Pit avait déjà accompli bien des démarches. Le parc de machines était en place. Les autorisations avaient été obtenues. Le service était prêt à être lancé », confirme Antoine Hron. Il restait toutefois à relever un défi essentiel : aller à la rencontre des clients. « Antoine est arrivé à ce moment crucial où il faut construire une approche du marché pertinente et développer l’aspect commercial », assure Pit.

L’innovation appliquée à une activité traditionnelle

« On parle d’une activité traditionnelle, avec de nombreux acteurs déjà présents sur le marché. Notre volonté, dès le départ, a été d’apporter de la modernité tant dans le service client que dans l’exécution du travail », explique Antoine Hron. Les deux garçons sont mus par une réelle volonté d’innover, de casser les codes, d’apporter un vent de fraîcheur dans ce métier. C’est au sein des infrastructures du Technoport à Foetz, où ils occupent un hall de production de 400 m2 et 100 m2 de bureaux, qu’ils développent leur activité. « L’innovation se traduit à divers niveaux. Au-delà du service client, qui passe par des plateformes numériques, nous avons la volonté de repenser le processus de production, pour travailler en consommant le moins d’énergie possible, avec des produits respectueux de l’environnement », assure Pit Zens. « À plus long terme, une meilleure utilisation de la donnée doit nous permettre de développer des approches plus personnalisées pour mieux servir nos clients, poursuit Antoine Hron. Enfin, au niveau social, l’innovation se traduit aussi par l’application, à une industrie traditionnelle, d’une approche de management inspirée du monde des start-ups. Notre équipe apprécie beaucoup cela et démontre son engagement dans le projet au quotidien. »

Accélérer la croissance

L’activité de Klin Sàrl s’est développée au départ de Luxembourg-Ville. Aujourd’hui, la zone couverte s’étend de Niederanven à Esch-sur-Alzette, en passant par Bettembourg. Klin Sàrl y sert aussi bien des particuliers que des entreprises. « Pour pouvoir proposer ce service, il faut en effet une certaine densité de population, reconnaît Pit Zens. Il est essentiel à nos yeux de veiller à une logistique efficace et, avec une expérience client supérieure à celle que proposent nos concurrents, de pouvoir garantir une qualité de service au moins équivalente. Nous sommes extrêmement attentifs à la qualité des prestations proposées. Notre croissance dépend en premier lieu de la satisfaction des clients. »

Lancé à l’automne 2017, Klin Sàrl a vu son activité croître progressivement. Un an et demi plus tard, l’entreprise sert un millier d’utilisateurs et est quasiment parvenue à atteindre son seuil de rentabilité sans que la moindre campagne de communication appuyée ait été mise en place. « Le défi, désormais, est d’accélérer le développement de l’activité, explique Antoine Hron. Notre installation actuelle nous permet de servir beaucoup plus de clients. À nous d’adapter le rythme et les équipes en fonction de l’évolution de la demande. »

 


M-Energy sàrl – Christophe Miranda

M-Energy sàrl – Christophe Miranda

« Être le garant des valeurs de l’artisanat »

Avec le soutien de ses parents et de son épouse, Christophe Miranda a construit en quatre ans une entreprise solide. Active dans le chauffage-sanitaire, M-Energy Sàrl rassemble déjà 42 collaborateurs fédérés autour de valeurs fortes.

Pour Christophe Miranda, le chauffage-sanitaire était en quelque sorte ancré dans ses racines. « Après avoir émigré du Portugal, mon père a commencé à travailler dans ce secteur en France, à l’âge de 14 ans, en tant qu’apprenti. J’ai toujours été très fier du métier qu’il exerçait, il est un exemple pour moi. Dès mon enfance, je le suivais sur certains chantiers, je préparais le café ou le pique-nique pour les ouvriers. Et j’adorais ça », se souvient Christophe.

Ses études secondaires terminées, le jeune homme choisit de suivre un IUT en génie thermique et énergie. Il poursuit sa formation avec des cours de gestion au sein d’une école de management. « Ces deux cursus m’ont permis d’acquérir des compétences complémentaires, de combiner à la fois la fibre technique et la gestion d’entreprise », souligne-t-il.

Une histoire de famille

Armé de cette formation, Christophe Miranda commence à entreprendre en 2010, aux côtés de son épouse, en créant une structure spécialisée dans les ressources humaines. Trois ans plus tard, il décide de rejoindre son père Dominique, alors directeur technique et actionnaire d’une importante société spécialisée dans le chauffage au Luxembourg, un pays qu’il considère comme propice à l’innovation. « J’étais à l’époque chargé d’affaires. Le métier m’a beaucoup plu, mais j’avais envie de développer une structure plus familiale, une société à taille humaine qui corresponde à ma propre vision de la gestion d’entreprise. » Un désir qu’il va concrétiser : en septembre 2014, la société M-Energy Sàrl est créée, avec le soutien de la Mutualité des PME et de la SNCI pour l’achat de son bâtiment.

M-Energy Sérl est aujourd’hui active dans le chauffage, la ventilation, l’air conditionné, la régulation, le sanitaire ainsi que l’optimisation de la gestion des énergies. Afin de répondre au mieux aux besoins de sa clientèle, l’entreprise s’appuie sur des équipes spécialisées dans des domaines précis : les travaux neufs, la rénovation, la maintenance préventive ou curative, la mise en service et la gestion technique du bâtiment. Elle dispose également d’un bureau d’études composé d’ingénieurs et de dessinateurs.

Toujours viser l’excellence

Fédérateur et dynamique, Christophe Miranda est un entrepreneur dans l’âme. « Mes parents l’étaient déjà. J’ai donc toujours eu cette volonté de me battre pour mes idées », explique-t-il. Mais le dirigeant est avant tout un artisan, soucieux du détail. « Nous exerçons un métier fabuleux. Quand on regarde une installation de chauffage réalisée dans les règles de l’art, c’est beau. Ce type de travail intègre des règles de géométrie, des notions artistiques, et nécessite une parfaite exécution. En tant que CEO de M-Energy Sàrl, mon rôle est d’être le garant de ces valeurs de l’artisanat essentielles à nos yeux, à savoir la qualité, la sécurité, le respect, l’amélioration continue, la formation et la transmission du savoir. »

Cette recherche de l’excellence constitue sans aucune doute l’une des clés du succès de l’entreprise, qui a grandi rapidement. De trois collaborateurs à ses débuts, M-Energy Sàrl en compte désormais 42. Une équipe importante qui permet à l’entreprise de travailler sur des projets conséquents et de réaliser, après seulement quatre ans d’existence, un chiffre d’affaires de quelque dix millions d’euros. Et Christophe Miranda ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Il vient en effet de reprendre une autre société, active dans l’électricité. Les deux organisations seront bientôt rassemblées sous l’appellation « Groupe Miranda » qui comptera ainsi quelque 80 ouvriers et employés.

« Évoluer tous ensemble »

Cette réussite entrepreneuriale, Christophe l’attribue aussi à plusieurs personnes. « Nous la devons à nos clients, qui nous ont fait confiance dès le début de notre projet, confie-t-il. Mais aussi et surtout à nos équipes, à chacun de nos collaborateurs et à leur investissement. »

Pour autant, Christophe garde les pieds sur terre. « Le challenge va être de continuer à nous développer de manière contrôlée et toujours familiale, en permettant à chacun de s’épanouir et de se réaliser dans l’entreprise. » Au sein de M-Energy Sàrl, une grande attention est ainsi portée à l’écoute, au dialogue, à l’innovation et à la transmission. « Chacun est en mesure de suggérer ses idées, de proposer des méthodologies de travail afin d’optimiser la productivité de l’entreprise, de partager et de former ses collègues. Car c’est finalement cela la raison d’être d’une entreprise : évoluer tous ensemble. »