Les nominés 2021

Et les nominés sont…

Weisgerber & Fils Sàrl – Pol & Ben Weisgerber

Weisgerber & Fils, l’histoire d’une tradition familiale

Créée en 1955, la société Weisgerber & Fils est spécialisée dans la construction d’ouvrages en aluminium. A la tête de cette entreprise familiale, Pol et Ben Weisgerber. A 30 et 31 ans, les deux frères représentent la 3e génération à prendre les commandes de cette société réputée pour son expertise unique et son équipement à la pointe de la technologie.

L’entreprise Weisgerber & Fils, c’est avant tout l’histoire d’une tradition familiale. Fondée en 1955 par André Weisgerber à Mühlenbach, l’entreprise spécialisée dans la construction d’ouvrages en aluminium tels que les fenêtres, portes, façades et verrières vitrées, est désormais aux mains de ses deux petits-fils, Pol et Ben. Avant eux, Pierre, leur papa, ainsi que Raymond, son frère, avaient permis à l’entreprise de se développer. « Notre oncle est ensuite parti au début des années 2000 et notre père a continué tout seul, jusqu’à notre arrivée », explique Pol, le cadet d’une fratrie de trois garçons.

Patrons à 25 et 26 ans 

Entrés dans l’entreprise en 2011, les deux frangins se voient remettre les clés de la société à seulement 25 et 26 ans, au départ à la retraite de leur père en 2017. Un challenge de taille ! « J’ai fait de plein de petits boulots, mais j’ai toujours su que je reprendrais l’entreprise familiale dès la fin de ma scolarité. Au début, on a pu compter sur l’expérience et les précieux conseils de notre père. Si cela nous as mis une certaine pression ? Nous étions en tout cas conscients que nous avions la responsabilité de 36 personnes, 36 familles. Pour toutes ces personnes au moins, nous nous devons de faire prospérer l’entreprise que notre grand-père a bâti », explique Pol Weisgerber, qui gère notamment le personnel, la relation-client et les différentes offres et soumissions. Son frère Ben, lui, prend le relais et suit chaque dossier, de la confection jusqu’à la pose. « C’est sympa de travailler avec son frère. Ce n’est cependant pas toujours simple pour autant. Je suis quelqu’un qui aime tout contrôler donc j’ai dû m’adapter avec le temps. Quoiqu’il en soit, le fait que nous ayons des avis divergents est très enrichissant », raconte le jeune entrepreneur.

Des outils à la pointe de la technologie 

Les deux jeunes entrepreneurs ont rapidement réussi à imprimer leur griffe en apportant un regard neuf à l’entreprise. « Notre équipe était principalement composé de personnes qui avaient l’âge de notre père. Notre premier chantier a été d’embaucher des jeunes pour insuffler une nouvelle dynamique aux équipes. Nous avons également investi dans une nouvelle machine plus performante, l’AF 500. Elle est capable d’usiner n’importe quelle pièce avec une flexibilité et une précision incomparable. Nous avons été les troisièmes dans tout le Benelux à nous équiper de cet outil », explique Pol Weisgerber.

L’unité de production ainsi que les services administratifs et techniques de la société Weisgerber & Fils s’étendent sur 2.100 m2, à Senningerberg, dans la commune de Niederanven. Au fil des années, l’entreprise s’est forgée une solide réputation en matière de production de châssis. « Nous savons évidemment produire 150 châssis identiques de 1 mètre, sur 1 mètre 50 comme nos concurrents, mais nous sommes surtout capables de répondre aux demandes les plus précises et les plus exigeantes. Peu d’entreprises au Luxembourg osent s’aventurer sur des chantiers complexes comme les nôtres. C’est cela qui fait vraiment notre force », assure le jeune entrepreneur. Fort de cette expertise, l’entreprise qui a fêté ses 65 ans d’existence l’année passée, mène des chantiers aux quatre coins du pays. « Cela va de la maison privée, aux bâtiments publics en passant par des résidences, des halls sportifs ou encore des écoles », détaille le jeune patron.

Une entreprise « Made in Luxembourg »

L’entreprise dispose également du label « Made in Luxembourg », un label octroyé par la Chambre des Métiers ou la Chambre de Commerce qui garantit la provenance luxembourgeoise d’un produit ou d’un service. « C’est un label qui nous tient à cœur. Nous arborons d’ailleurs fièrement le logo dans l’entrée de l’usine et sur notre site Internet, sourit Pol Weisgerber. C’est une manière de se démarquer sur les marchés étrangers mais aussi au niveau national. C’est vraiment un outil de promotion supplémentaire pour une entreprise comme la nôtre. Sur le terrain, nous voyons bien que les clients accordent une attention toute particulière au fait que nous proposions un service 100 % local. »

L’entreprise Weisgerber & Fils continue de se développer sous la houlette de ses jeunes dirigeants dynamiques. Elle est d’ailleurs à la recherche de nouveaux collaborateurs. « Nous avons en effet quelques postes ouverts. Mais comme de nombreux autres professions de la construction, nous peinons quelque peu à trouver de la main d’œuvre qualifiée pour le moment », explique Pol Weisgerber. 

RESUME

Pol et Ben Weisgerber ont repris les rênes de l’entreprise familiale Weisgerber & Fils, spécialisée dans la construction d’ouvrage en aluminium, en 2015, alors qu’ils n’étaient âgés de 25 et 26 ans. Un réel challenge pour ces deux entrepreneurs, 65 ans après la création de l’entreprise par leur grand-père. « Nous employons aujourd’hui 36 personnes et nous disposons d’une unité de production et des bâtiments administratifs et techniques qui s’étendent sur 2.100 m2 à Senningerberg, dans la commune de Niederanven », explique Pol Weisgerber.

La réputation de l’entreprise Weisgerber & Fils n’est plus à faire dans le secteur de la construction au Luxembourg. Grâce à son expertise unique et ses outils de production à la pointe de la technologie, elle mène à bien des chantiers aux quatre coins du pays. « Cela va de la maison privée, aux bâtiments publics en passant par des résidences, des halls sportifs ou encore des écoles, détaille le jeune entrepreneur. Ce qui fait notre particularité ? Nous sommes capables de répondre à des demandes très précises de nos clients. Je pense que peu d’entreprise au Luxembourg osent s’aventurer sur des chantiers aussi complexes que les nôtres. »

L’entreprise dispose également du label « Made in Luxembourg », un label qui garantit la provenance luxembourgeoise d’un produit ou d’un service. « C’est vraiment un outil de promotion supplémentaire pour une entreprise comme la nôtre », assure Pol Weisgerber.


La Luxembourgeoise du Chocolat Sàrl – Alexandra Kahn

La passion dévorante d’Alexandra Kahn

En 2017, à tout juste 26 ans, Alexandra Kahn reprenait la chocolaterie Genaveh, située à Steinfort, avec l’ambition d’en faire la référence du chocolat au Luxembourg. Quatre ans plus tard, la jeune entrepreneure semble réussir son pari puisque la maison Genaveh se développe à une vitesse folle et que ses produits, entièrement préparés à la main, prennent désormais place dans des vitrines aux quatre coins du monde. 

A 26 ans, avec un diplôme de gestion des finances et un master en entreprenariat décrochés à Paris, et une vie menée à 100 à l’heure dans l’industrie du luxe à Hong Kong, la voie d’Alexandra Kahn semblait toute tracée. C’était sans compter sur une passion dévorante, celle du chocolat. 

Après près de quatre années passées en Asie, elle revient en Europe pour tenter de vivre de sa passion. Elle passe notamment auprès de Cyril Lignac et d’autres maisons prestigieuses avant d’avoir la possibilité d’intégrer la très sélecte école parisienne de gastronomie, Ferrandi. « C’est à ce moment que mon père, qui travaille au Grand-Duché, me parle de la maison Genaveh qui allait être mise en vente suite au décès de sa fondatrice Geula Naveh. Après avoir pesé le pour et le contre et avec le soutien de mon père, j’ai décidé de sauter le pas et de me lancer dans cette aventure en novembre 2017, quelques semaines avant le rush de Noël. Autant vous dire que les débuts ont été très animés…, sourit Alexandra Kahn. Le premier challenge a été de pouvoir conserver l’équipe de 5 personnes qui était en place. Pour cela, nous avons dû développer notre réseau de revendeurs au Luxembourg. Car si la marque jouissait d’une belle réputation, elle n’avait que peu de distributeurs ici (moins d’une dizaine). Nous avons désormais une bonne trentaine de revendeurs au Grand-Duché. Cela nous a permis de contrebalancer le fait que l’été est une période un peu plus creuse. »

Paris, Bruxelles, Canada, Japon, Israël…

La jeune entrepreneure multiplie les prises de contact et décide de revoir l’identité et le packaging de la chocolaterie. « Par contre, nous avons choisi de conserver le nom de la chocolaterie, qui disposait déjà d’une belle renommée au Luxembourg », explique Alexandra Kahn. Son ambition est claire : offrir aux chocolats de la maison Genaveh la renommée qu’ils méritent, hors des frontières du pays. Un pari réussi puisqu’on retrouve désormais des chocolats Genaveh à la prestigieuse Grande Épicerie du Bon Marché de Paris, mais aussi à Bruxelles, en Israël, au Canada ou encore au Japon. « Ce succès à travers le monde, s’explique par la qualité de nos produits, mais aussi par le packaging. »

Un chocolat luxembourgeois

Cette qualité si singulière des produits de la maison Genaveh provient du mariage de différentes techniques bien spécifiques. « Nous obtenons un véritable chocolat luxembourgeois en alliant des techniques belges, mais aussi françaises. Cela correspond plutôt bien au melting-pot que l’on retrouve au Luxembourg. Nous veillons également à sélectionner minutieusement nos ingrédients, en privilégiant au maximum les produits locaux, comme la crème, le beurre, les miels… Nous n’hésitons pas à aller rencontrer des producteurs locaux pour trouver des ingrédients originaux pour de nouvelles recettes », assure Alexandra Kahn.

Bientôt une boutique en centre-ville ? 

En plus d’offrir une nouvelle identité séduisante à la chocolaterie, Alexandra Kahn capitalise sur ce qui a fait le succès de la maison : des produits artisanaux de qualité. « C’était capital pour moi de continuer à proposer des chocolats faits à la main.  Nous avons d’ailleurs récemment réalisé de gros travaux d’agrandissement au sein de l’atelier (de 300 à 700 m2), mais sans pour autant acheter une seule machine supplémentaire », explique Alexandra Kahn qui, avec son équipe, regorge d’idées pour de nouvelles créations. « Nous passons beaucoup de temps en recherche et développement afin de trouver de nouvelles techniques. Nous travaillons sur des nouvelles saveurs et associations, des chocolats moins sucrés, des chocolats dans l’air du temps... Le chocolat offre un nombre quasi infini de possibilités et d’associations de goûts, c’est pour cela qu’on l’aime », rappelle la propriétaire de la maison Genaveh, dont le succès ne fait que croître depuis 2017. Ce sont aujourd’hui 11 personnes, en plus d’Alexandra Kahn, qui œuvrent dans l’atelier et en boutique pour ravir les papilles des plus gourmands. « Notre objectif n’est pas de devenir une multinationale, assure l’entrepreneure de 29 ans. On a une équipe soudée, l’ambiance est familiale et j’ai vraiment envie de conserver cette dynamique. Nous souhaitons développer nos points de vente au Luxembourg et à l’étranger et cela passera sûrement par l’ouverture d’une boutique dans le centre-ville prochainement. » On en connait qui salivent déjà ! 

RESUME

En 2017, à 26 ans, Alexandra Kahn s’est lancée un pari fou : reprendre la maison Genaveh, chocolaterie réputée de Steinfort pour en faire la référence en matière de chocolat au Grand-Duché. Un changement de vie radical pour cette diplômée en gestion des finances, de retour en Europe après 4 ans passés à Hong Kong, principalement dans l’industrie de luxe.

 Après s’être attelée à la création d’un nouveau packaging pour ses produits, Alexandra Kahn développe son réseau de distributeurs au Grand-Duché, mais aussi à l’international. « Désormais, une trentaine de commerces luxembourgeois proposent dans leur vitrine nos produits entièrement faits à la main. Mais ce n’est pas tout, on nous retrouve aussi à Paris, Bruxelles, en Israël, au Canada ou encore au Japon », explique la propriétaire de la maison Genaveh.

Avec ses équipes, Alexandra Kahn développe régulièrement de nouvelles créations. « Tout en veillant à privilégier au maximum des ingrédients locaux (crème, beurre, miel…) et le circuit court quand nous le pouvons », assure-t-elle.

Entrepreneure dynamique, Alexandra Kahn veut continuer à développer la notoriété de sa chocolaterie au Luxembourg et à l'étranger. « Ce développement passe notamment par l’ouverture d’une nouvelle boutique dans le centre-ville de Luxembourg dans le futur », explique Alexandra Kahn. De quoi en faire déjà saliver plus d’un !


Ottika Enza Sàrl – Vincenza Fuzio

Ottika Enza – Vincenza Fuzio

« Avec mon magasin, je peux vivre de ma passion »

Suite à plusieurs déboires professionnels et privés, Vincenza Fuzio a lancé en 2017 son propre magasin d’optique dans la rue Aldringen, à Luxembourg-Ville. Son univers coloré et « arty » attire depuis lors un nombre croissant de clients, ravis par le service et les collections de lunettes peu courantes qui y sont proposés.

L’histoire de Vincenza Fuzio – dite « Enza » – montre bien que quel que soit son âge ou les difficultés auxquelles on est confronté, il est possible de se lancer, avec succès, dans l’entrepreneuriat. Passionnée d’optique, la créatrice de la boutique Ottika Enza a fait toute sa carrière dans ce secteur. « J’ai eu mes premières lunettes à 10 ans et j’ai tout de suite été impressionnée par les opticiens, avec leurs beaux tabliers blancs, explique-t-elle. A l’âge de 12 ans, j’ai dit à mes parents que c’était le métier que je voulais faire plus tard. » 

Après un bac scientifique au Lycée Robert-Schuman Luxembourg, Vincenza Fuzio commence sa carrière à 19 ans chez un opticien qui sera son seul employeur. Passant son CATP, puis son brevet de maîtrise, occupant aussi la fonction de gérant technique, elle a pu explorer toutes les facettes du métier. « Il était prévu que je reprenne la boutique, mais le chantier Hamilius a freiné le processus. Finalement, en 2017, le bail du magasin a été résilié, les propriétaires ont pris leur retraite et j’ai été licenciée. Mon mari m’a également quittée et je me suis retrouvée sans ressources, avec mes enfants. »

Un magasin où l’art est omniprésent

Au pied du mur, l’opticienne ne se laisse toutefois pas aller. Aidée par un ami, elle repère une surface commerciale vide – une ancienne boucherie – dans la rue Aldringen à Luxembourg-Ville, et élabore son projet d’entreprise. « J’ai emmené avec moi un ancien collègue, avec qui j’avais travaillé pendant 30 ans, ainsi qu’un apprenti, ajoute Vincenza Fuzio. En trois semaines, nous avions transformé l’ancienne boucherie en magasin d’optique et nous disposions de toutes les autorisations nécessaires. » En 2017, Ottika Enza ouvrait donc ses portes, rencontrant un succès qui est allé croissant. « Nous n’avons pas fermé du tout durant la crise du Covid. Nous étions considérés comme un commerce essentiel, mais certains opticiens ont tout de même baissé le rideau pendant un certain temps. Pendant cette période, de nombreuses personnes ont fait appel à nous pour des réparations, des commandes de lentilles ou des remplacements de verres. Cela nous a fait une belle publicité ! »

Surtout, la fondatrice d’Ottika Enza, aujourd’hui âgée de 51 ans, a su proposer à sa clientèle un environnement unique, une expérience très différente de celle que l’on trouve dans un magasin d’optique classique. Férue d’art, elle a fait couvrir les murs de graffitis (dont certains ont été récupérés dans l’ancien parking Aldringen, détruit depuis), fait installer une multitude de petites lumières au plafond, rappelant un ciel étoilé, choisi avec soin des tableaux et d’autres objets d’art. « La convivialité est aussi au cœur de ce que nous proposons. Nous avons par exemple placé une grande table dans le magasin. Tout se passe comme si nous étions à la maison », précise Vincenza Fuzio.

Bientôt sa propre collection de lunettes ?

Ottika Enza se distingue aussi par le choix de lunettes qui est proposé. Colorées, offrant des designs peu courants, ces montures séduisent la clientèle depuis l’installation de la boutique. « Ce côté coloré, un peu fou, c’est vraiment ce qui fait notre identité, ce pour quoi nous sommes connus, s’amuse la créatrice de la boutique. J’intègre d’ailleurs de plus en plus de petits créateurs dans nos collections, de façon à proposer des choses qu’on ne trouve pas ailleurs. » Si elle fourmille encore de projets, Vincenza Fuzio ne pense par contre pas déménager dans un espace plus grand. « On me dit souvent que je devrais le faire, mais je crois que le charme du magasin est aussi lié à sa petite taille. Mon but n’est pas de devenir riche, mais de pouvoir continuer à vivre de ma passion. »

Et comme la création artistique est un domaine qui l’intéresse particulièrement, Vincenza Fuzio pourrait bien lancer sa propre collection de lunettes, une demande qu’on lui a déjà faite par le passé. A suivre !

RESUME

Vincenza Fuzio – dite « Enza » – a développé, dès l’enfance, une passion pour les lunettes. De 19 à 47 ans, elle a travaillé pour un opticien bien connu, dans le centre de Luxembourg. Alors qu’elle devait reprendre le magasin, le chantier Hamilius est venu tout remettre en cause. Voyant son bail résilié, le propriétaire de la boutique s’est mis à la retraite, licenciant au passage son personnel. 

Au pied du mur, Vincenza Fuzio n’a toutefois pas baissé les bras. Avec l’aide d’un ami, elle a investi un nouvel espace situé rue Aldringen, une ancienne boucherie convertie en trois semaines en une boutique d’optique décorée de graffitis et d’objets d’art divers. C’est ainsi qu’Ottika Enza est née en 2017 et a rapidement rencontré le succès. « Nos clients apprécient le côté coloré et convivial de la boutique, explique sa fondatrice. Je m’efforce de proposer des gammes de lunettes différentes, produites par de petits créateurs et qu’on ne trouve donc pas partout. C’est pour ça que les gens viennent. Et le service offert les fait revenir ! »  

Vincenza Fuzio pense à présent à lancer sa propre collection de lunettes, un projet qui lui permettrait de concilier sa passion pour l’art et son amour des lunettes.  


Beim Burg GMBH – Jeff Burg

« Garder l’esprit familial, une priorité pour nous » 

Jeff Burg a repris voici 4 ans la boucherie « Beim Burg », fondée par son père en 2001. Aujourd’hui âgé de 30 ans, le jeune boucher emploie presqu’une vingtaine d’employés sur son site de production à Eschweiler, dans sa boutique à Diekirch, mais aussi sur les routes avec sa boucherie ambulante. Rencontre avec un véritable passionné, amoureux des marchés et du commerce de proximité. 

Alors que la majorité des petits garçons rêvent de devenir astronaute, pompier ou pilote d’avion, Jeff Burg, lui, a toujours su qu’il deviendrait boucher. « Cette passion pour l’artisanat et la boucherie, je la dois avant tout à mon papa qui a ouvert son commerce « Beim Burg » en 2001. Il a acheté une première camionnette et engagé un autre boucher pour sillonner les marchés du pays. Il a d’ailleurs été le premier boucher présent sur les marchés au Luxembourg, explique fièrement le jeune boucher qui fêtera ses 31 ans en décembre prochain. Je baigne dans cet univers depuis toujours. Déjà tout petit, je passais derrière le comptoir pour aider mon père et saluer les clients sur les marchés. C’est donc tout naturellement que j’ai suivi cette voie. C’est un métier qui demande de la rigueur, de la précision et du temps. Ce qui me plaisait également était de pouvoir être mon propre patron. » 

Patron d’entreprise à 27 ans 

En 2017, alors que son père tombe gravement malade, il reprend les rênes de l’entreprise familiale. Un challenge de taille pour le jeune boucher alors âgé de seulement 27 ans. D’autant qu’entre-temps, la boucherie s’était rapidement développée, comptant presqu’une vingtaine d’employés répartis entre le site de production à Eschweiler, la boutique à Diekirch, et sur les routes, au volant des boucheries ambulantes. « Je travaillais déjà dans la boucherie, mais j’ai dû apprendre à gérer des tâches plus administratives et à responsabilités pour continuer à faire tourner l’entreprise. Si la transition n’a pas été trop brutale, c’est aussi parce que j’ai pu compter sur le soutien et les compétences de l’ensemble des personnes avec qui je travaille », assure Jeff Burg.

Une boucherie itinérante

La boucherie « Beim Burg » se veut être une entreprise familiale, proche de ses clients. Cette proximité et ce besoin de contact humain font partie de l’ADN de l’entreprise. Des valeurs que veut continuer à faire véhiculer Jeff Burg. « Nous développons un service de boucherie ambulante. Nous disposons d’une camionnette qui passe de village en village pour vendre nos produits au plus près des habitants. Il est capital pour nous que tout le monde, même les personnes qui ont des difficultés à se déplacer en raison de leur âge ou de leur état de santé, puisse profiter d’une viande de qualité et d’un service de proximité », raconte Jeff Burg, qui est également président de la « Lëtzebuerger Maarteverband », une association qui regroupe les commerçants actifs sur les marchés luxembourgeois. « L’ambiance sur les marchés est incomparable. On sympathise avec les clients, avec les autres commerçants, on discute, on rigole. L’atmosphère est vraiment très chaleureuse, on ne manquerait ça pour rien au monde ! »

Un déficit de main d’œuvre qualifiée

Jambon, viandes fraîches, salades et évidemment l’incontournable mettwurst, font partie des spécialités de la boucherie « Beim Burg », qui s’attelle également à offrir des produits originaux à ses clients. « Nous sommes sans cesse dans la recherche de création de nouveaux produits », avoue Jeff Burg. Seule ombre au tableau, l’entreprise peine à trouver de la main d’œuvre qualifiée. « A l’instar de nombreuses autres professions de l’artisanat, il y a en effet un cruel déficit en matière de main d’œuvre. Il faut parfois plusieurs années pour trouver la bonne personne. Cela nous pousse à embaucher régulièrement des personnes non-qualifiées, que l’on doit ensuite former nous-même au sein de la boucherie. Aussi, lorsque nous rencontrons des personnes motivées, nous n’hésitons jamais à les accueillir en tant qu’apprenti pour leur apprendre le métier », explique le jeune entrepreneur.

« Beim Burg » disposera d’un nouveau site de production, du côté de Lieler, au nord du pays, dans trois ans. S’il regorge d’idées pour sa boucherie, Jeff Burg préfère garder les pieds sur terre. « Avec le service de boucherie ambulante au nord et les marchés au sud, nous couvrons déjà une bonne partie du pays. Nous ne voulons pas devenir une énorme structure, acheter 10 nouvelles camionnettes, multiplier les magasins et vendre nos produits partout à l’étranger. Garder l’esprit familial de notre entreprise est réellement une priorité pour moi. »

RESUME

En 2017, Jeff Burg a repris les rênes de la boucherie « Beim Burg », fondée par son père en 2001. Un défi de taille pour le jeune boucher alors âgé de seulement 27 ans. Mais grâce à sa passion dévorante pour le métier, Jeff Burg a su insuffler un vent nouveau dans l’entreprise familiale. « Déjà tout petit, je passais derrière le comptoir pour aider mon père et saluer les clients sur les marchés. Mon rêve a toujours été d’être boucher », avoue le jeune artisan.

La boucherie emploie près d’une vingtaine d’employés, dispose d’un site de production à Eschweiler et d’une boutique à Diekirch. « Le service de proximité et le contact avec les clients a toujours fait partie de notre ADN. Mon père a d’ailleurs été le tout premier boucher à prendre place sur les marchés au Luxembourg », raconte fièrement Jeff Burg. 

En plus de sillonner les plus grands marchés, « Beim Burg » propose une boucherie ambulante desservant plusieurs villages au nord du pays. « Il est capital pour nous que tout le monde, même les personnes qui ont des difficultés à se déplacer, puisse profiter d’une viande de qualité et d’un service de proximité », explique Jeff Burg bien décidé à conserver une entreprise à taille humaine. « Garder l’esprit familial au sein de l’entreprise est réellement une priorité pour nous. »


Menuiserie Bichler – Patrick Bichler

Menuiserie Bichler – Patrick Bichler

« Le secteur de la menuiserie offre de nombreuses opportunités »

En 2017, au terme d’un long parcours dans le secteur, Patrick Bichler a décidé de se lancer comme maître-menuisier dans la ville de Remich. Aujourd’hui âgé de 32 ans, il n’a jamais eu à regretter cette décision qu’il mûrissait depuis son enfance. La clé du succès ? Une grande flexibilité et une réactivité qui permettent d’offrir le meilleur service aux clients.

« Dès l’âge de 11 ans, je savais que je voulais être menuisier, et j’ai poursuivi cet objectif, étape par étape, jusqu’à fonder ma propre menuiserie. » Patrick Bichler n’a jamais eu de doute sur la carrière qu’il voulait mener. Passionné par le bois, sa chaleur et ses multiples usages, il a débuté son apprentissage en menuiserie à 15 ans au Lycée technique privé Émile Metz, avant de commencer à travailler en tant que technicien, à partir de 18 ans, chez Eurobois. « J’ai ensuite eu l’envie de passer ma maîtrise en menuiserie, explique Patrick Bichler. Dans ce cadre, j’ai été amené à travailler au sein de différentes sociétés, alternant des fonctions plus techniques à des passages en bureau, afin d’en apprendre plus sur le travail administratif qui fait inévitablement partie de notre métier. Le fait d’avoir pu explorer en profondeur ces deux facettes de la profession de menuisier m’aide aujourd’hui encore dans la gestion de mon entreprise. » 

Une opportunité de reprise

C’est que le résident de Mondorf-les-Bains compte bien réaliser son rêve d’enfant en devenant son propre patron. De façon providentielle, il apprend qu’une menuiserie située à Remich est à remettre. En 2017, la reprise est actée. « Je dois dire que je suis vraiment arrivé au bon moment, avec le bagage suffisant et sur un marché porteur. Quand on me demande si j’ai connu des difficultés pour lancer mon entreprise, je suis bien contraint de dire que ce n’est pas le cas : j’ai eu suffisamment de travail dès le début et nous n’avons jamais connu de creux en ce qui concerne le chiffre d’affaires », précise Patrick Bichler. L’entreprise emploie aujourd’hui 8 personnes, et un neuvième collaborateur entrera en fonction à la mi-septembre.

Pour expliquer ce succès, Patrick Bichler pointe la raréfaction des artisans menuisiers, combinée à des besoins croissants exprimés par la clientèle. Mais encore faut-il offrir le service adéquat pour récolter les fruits de cette conjoncture favorable. « Nous nous efforçons de rester flexibles et réactifs, ajoute le maître-menuisier. Nous aimons évidemment réaliser de beaux meubles ou participer à de gros chantiers, mais nous répondons aussi à des demandes de petites réparations, qui ne sont pas très lucratives mais qui rendent un grand service à un potentiel futur client. » La Menuiserie Bichler travaille également avec des partenaires afin de pouvoir répondre à un nombre plus important de demandes. « Si on dit au client qu’on ne fait pas ce qu’il nous demande, on ne le reverra plus. En travaillant avec d’autres artisans en qui nous avons pleine confiance, on arrive à fidéliser une plus large clientèle. » 

Pousser les jeunes à se former à la menuiserie

Le succès de l’aventure de Patrick Bichler est une merveilleuse propagande pour l’entrepreneuriat. De quoi, peut-être, pousser plus de jeunes à opter pour les métiers artisanaux comme ceux du bois. « J’ai l’impression que de moins en moins de jeunes souhaitent apprendre ces métiers. Pourtant, pour peu que l’on travaille sérieusement, le secteur de la menuiserie offre de nombreuses opportunités de faire grandir une entreprise. Je crois qu’il est important de rappeler aux jeunes, et peut-être aussi à leurs parents, que ces professions artisanales ont de l’avenir et sont porteuses. » Pour joindre les paroles aux actes, le menuisier de Remich a pris sous son aile un jeune Luxembourgeois en apprentissage. « Je suis passé par là et je sais que c’est parfois important d’être soutenu pour garder la motivation. Dans le cadre de la maîtrise, il y a des cours du soir ou d’autres qui sont donnés le week-end. Ce n’est pas toujours facile pour un jeune. »  

La Menuiserie Bichler, qui fête donc cette année son 4e anniversaire, ne compte pas arrêter ici son développement. Son fondateur est en quête d’un nouveau bâtiment, dans une zone industrielle, qui permettrait à l’entreprise de disposer de plus d’espace et de travailler dans de meilleures conditions. Mais ce sera toujours dans la région de Remich. « Ici, je suis le menuisier du village, les gens savent qu’ils peuvent faire appel à moi. Comme toute ma clientèle réside dans la région, je me dois de rester sur place. Si je m’éloignais, je ne pourrais plus répondre aussi rapidement aux demandes de mes clients », conclut Patrick Bichler. 

RESUME

Rêvant de devenir menuisier dès l’âge de 11 ans, Patrick Bichler a fait preuve d’une grande ténacité pour franchir les différentes étapes lui permettant de réaliser son rêve. Après avoir réalisé son apprentissage, dès l’âge de 15 ans, il a commencé à travailler à 18 ans, puis a passé son brevet de maîtrise. Cette formation complète lui a permis de maîtriser l’ensemble des aspects techniques et administratifs liés au métier.

Mais Patrick Bichler voulait être son propre patron. Quand, en 2017, il a eu l’opportunité de reprendre une menuiserie située à Remich, le jeune entrepreneur n’a pas hésité. Et il n’a pas eu à regretter sa décision. « L’installation s’est vraiment déroulée sans difficulté, j’ai récupéré le personnel existant ainsi que la clientèle. Cela nous a permis d’avoir tout de suite du travail », explique Patrick Bichler. 

Depuis lors, la Menuiserie Bichler a continué à se développer, en s’efforçant de cultiver deux valeurs essentielles : la flexibilité et la réactivité. « La profession de menuisier est porteuse pour ceux qui ont l’envie de travailler. Et c’est un métier dans lequel on peut réellement rendre un grand service aux clients, à travers une réparation par exemple. Cela permet de fidéliser une large clientèle. »